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"N'accordez jamais une confiance aveugle à un système de cryptographie " - Gilles Dubertret
C'est à la fin de la première guerre mondiale qu'est apparue la nécessité de crypter les messages (bien que les techniques de chiffrement existaient déjà depuis fort longtemps). Ce que les Allemands ignoraient, c'est que les services de contre-espionnage français et Polonais travaillaient également depuis 1930 sur une méthode de déchiffrement. Le Commandant Gustave Bertrand des services secrets français, recruta pour cela Hans Thilo Schmidt (dont le nom de code était Asche), qui travaillait à l'époque pour le Chiffrierstelle. Lorsque la seconde guerre mondiale éclata en 1939, les alliés savaient décrypter les messages d'Enigma. Le 24 juillet 1939, Marian Rejewski ( responsable du Biuro Szyfrow - service européen le plus avancé dans les recherches sur le chiffrement allemand ) remit un modèle de la machine Enigma au Commandant Bertrand et à Alistair Denniston, chef du service de déchiffrement de l'Intelligence Service (IS) britannique. En Août 1939 les Anglais installèrentà Bletchley Park (80 km de Londres) les services du Code et du Chiffre. Ce n'étaient pas moins de 12000 scientifiques et mathématiciens Anglais, Polonais et français qui travaillaient à "casser" le code d'Enigma. Les messages décryptés à Bletchley Park arrivaient par tapis roulant à la Huts 6, puis, au poste pour être traduits (2 postes par équipe) :
Les Anglais réussirent ainsi à déchiffrer ces messages codés. Seulement, la Kriegsmarine ( Marine de guerre Allemande), utilisant des mesures de cryptage différentes, le déchiffrement s'avèra plus difficile. La capture sur le U-110 d'une Enigma et surtout de ses instructions permit une avancée importante. Ceci permettant de connaître les positions de sous-marins et de réduire le tonnage coulé par les U-Boot (Cf : Le film U-571). Durant toute la guerre, plus de 18 000 messages par jours furent décryptés, et permirent aux forces de l'alliance de connaître les intentions de l'Allemagne. Source :
Enigma avait un fonctionnement de cryptage particulièrement simple. Exemple avec un seul rotor :
Pour complexifier la machine, à chaque pression sur une touche, le rotor tourne d'un cran. Exemple, rotation du rotor:
Suivant les modèles ( M3 ou M4), le système était muni de 3 ou 4 rotors. Les deuxième et troisième rotors avancaient d'un cran quand le premier avait fait un tour complet. Il y avait aussi un tableau de connexion qui mélangeait les lettres de l'alphabet et un réflecteur qui faisait repasser le courant dans les rotors avant l'affichage. Troisième exemple :
Au final, si l'on revient aux machines Enigma équipées pour 26 lettres, on a:
Les Polonais inventèrent "la Bombe" (rebaptisée plus tard "Ultra") qui permettait de connaître les réglages Enigma. Seulement, à partir de 1938, c'est l'opérateur lui-même qui établissait le réglage. Pour remédier à ce problème, les polonais trouvèrent la solution: chaque message contenait soit une répétition de mots soit des mots récurrents (appelés "femelles"). Ceci était un indice quant au "noyau" (réglage de base des rotors). Pour découvrir ce réglage, les Polonais utilisaient ensuite la "Grille" (cartes perforées correspondant à toutes les permutations du noyau). Ces cartes étaient empilées les unes sur les autres par rapport à la position des "femelles". Ensuite, on cherchait le point où une série de perforations se recouvrait du haut en bas de la pile. Article écrit par Sébastien DELSIRIE ![]() ![]() |
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